Episodes
Tout est lumière, tout est joie.L'araignée au pied diligentAttache aux tulipes de soieLes rondes dentelles d'argent. La frissonnante libelluleMire les globes de ses yeuxDans l'étang splendide où pulluleTout un monde mystérieux. La rose semble, rajeunie,S'accoupler au bouton vermeilL'oiseau chante plein d'harmonieDans les rameaux pleins de soleil. Sous les bois, où tout bruit s'émousse,Le faon craintif joue en rêvant :Dans les verts écrins de la mousse,Luit le scarabée, or vivant. La lune...
Published 04/09/20
Published 04/09/20
Tout est mystère, tout est gras.La licorne au pied diligentAttache aux boutiques d’en basLes rondes dentelles d'argent. La dégoutante sorcière GuduleMire les globes de ses yeuxDans l'étang sordide où pulluleTout un monde très crasseux. La chose semble, rabougrie,S'accoupler à l’espadon vermeilL'oiseau chante plein de folieDans un bateau avec Popeye. Sous les pois, où tous les fruits poussent,Le paon craintif joue en rotant :Dans les vers luisants de la mousse,Vit le scarabée, bon vivant. ...
Published 04/01/20
C’était un arbre centenaireQui ne comptait plus les années :Il disait : « À quoi bon s’en faire,Je suis mûr pour la cheminée !Des feuilles, j’en ai bien trop lu,Que pourrais-je savoir de plus,Si je passe un printemps encoreAuprès des autres sycomores ? »Alors il a laissé le froidEngourdir lentement ses veinesEt mettre à vif toutes ses peinesEt clouer ses branches en croix ;Heureux d’aimer, mais las de vivre,Pour la toute dernière foisIl a fleuri dans le grand boisDes milliers de perles de givre.
Published 05/07/19
S’enfuir pour ne garder que les bons souvenirs… Quand les premiers frimas se posent sur le cœur, Mieux vaut suivre l’instinct des oiseaux migrateurs Et déployer ses ailes, décider de partir. Choisir de s’exiler pour ne pas déranger… Mieux vaut quitter la meute et n’être point fardeau, Etre loup solitaire et non chien de traîneau, Quand au milieu des siens, on se sent étranger. Sur la pointe des pieds, tirer sa révérence En se félicitant d’avoir eu tant de chance, Dans un dernier regard...
Published 04/26/19
Papa, maman,Vous voyez bien que je suis grand.Allez, courage !Comme les enfants de mon âge,Je cours, Je voleVers ma toute première école.Je sais, c'est durMoi, je suis prêt pour l'aventure,Séchez vos yeux,Il faut vous montrer courageux.Ce soir, promis !Vous aurez un câlin au lit.Vite ! Un baiserJ'ai hâte d'être un écolier !https://www.facebook.com/Claudie-Becques-1844483248919787/
Published 04/25/19
Dis, petit kangourou, Qui bondit, qui bondit, Petit bandit tout roux Dans ta poche, qu’as-tu mis ? Pour le vieux crocodile, un paquet de mouchoirs J’y ai glissé aussi, un réveil pour le loir Il y a pour la taupe, une paire de lunettes Pour le petit putois, j’ai pris des savonnettes J’ai mis une perruque, pour la chauve-souris Un beau chapeau de paille, pour le petit âne gris J’ai prévu une brosse, pour le raton laveur Ainsi qu’une bourriche, pour le martin-pêcheur Dis, petit kangourou, Qui...
Published 04/24/19
A José, mon frère... Des nuages venus du Nord S'empalent sur la Tour Eiffel Et la Seine sanglote en son lit… L'Arc ne Triomphe plus, Paname se sent Invalides La Place de l'Etoile ne brille plus… Montmartre a un Sacré gros Cœur Place du Tertre, les peintres ont, de leurs pinceaux Repeint en gris, le ciel de Paris. Notre-Dame veille désormais sur toi Nous, nous restons sans Défense Mais toi, tu es enfin en paix, et ça c'est Capitale. https://www.facebook.com/Claudie-Becques-1844483248919787/
Published 04/23/19
Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ; Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde, Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde Rongera tristement ses vieux os de rocher ! Bien des hommes, de tous les pays de la terre Viendront, pour contempler cette ruine austère, Rêveurs, et relisant le livre de Victor : — Alors ils croiront voir la vieille basilique, Toute ainsi...
Published 04/22/19
Que la pluie à déluge au long des toits ruisselle ! Que l’orme du chemin penche, craque et chancelle Au gré du tourbillon dont il reçoit le choc ! Que du haut des glaciers l’avalanche s’écroule ! Que le torrent aboie au fond du gouffre, et roule Avec ses flots fangeux de lourds quartiers de roc ! Qu’il gèle ! et qu’à grand bruit, sans relâche, la grêle De grains rebondissants fouette la vitre frêle ! Que la bise d’hiver se fatigue à gémir ! Qu’importé ? n’ai-je pas un feu clair dans mon âtre,...
Published 04/16/19
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,Je dirai quelque jour vos naissances latentes :A, noir corset velu des mouches éclatantesQui bombinent autour des puanteurs cruelles,Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;I, pourpres, sang craché, rire des lèvres bellesDans la colère ou les ivresses pénitentes ;U, cycles, vibrements divins des mers virides,Paix des pâtis semés d’animaux, paix des ridesQue...
Published 04/15/19
L'école était charmante au temps des hannetons, Quand, par la vitre ouverte aux brises printanières, Pénétraient, nous parlant d'écoles buissonnières Et mettant la folie en nos jeunes cerveaux, Des cris d'oiseaux dans les senteurs des foins nouveaux ; Alors, pour laid qu'il fût, certes ! il savait nous plaire Notre cher mobilier si pauvrement scolaire. À grands coups de canif, travaillant au travers Du vieux bois poussiéreux et tout rongé des vers, Nous creusions en tous sens des cavernes...
Published 04/12/19
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime, Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend. Car elle me comprend, et mon coeur transparent Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême, Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant. Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore. Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore,...
Published 04/11/19
Oisillon bleu couleur-du-temps, Tes chants, tes chants Dorlotent doucement les coeurs Meurtris par les destins moqueurs. Oisillon bleu couleur-du-temps, Tes chants, tes chants Donnent de nouvelles vigueurs Aux corps minés par les langueurs. Oisillon bleu couleur-du-temps, Tes chants, tes chants Font revivre les espoirs morts Et terrassent les vieux remords. Oisillon bleu couleur-du-temps, Je t'ai cherché longtemps, longtemps, Par mont, par val et par ravin En vain, en vain !
Published 04/10/19
Une petite personne et une grande personne se parlent. - Quand on est petit, on dit : « Quand je serai grand… » - C'est vrai. - Alors quand on est grand, on peut dire : « Quand je serai petit… » - Non. - Pourquoi ? - Il paraît que ça ne marche pas. - Pourquoi ? - On peut grandir, mais on ne peut pas rapetisser. - Mais on ne peut pas toujours grandir. - Non. - Alors, quand on est grand ? - On change de forme, tout doucement. - On change de forme ? - Oui, ça s'appelle vieillir.
Published 04/09/19
Crapaud, s'il te plait, va au marché ! J'ai mal au pied. Crapaud, s'il te plait, écosse les pois ! J'ai mal au bras. Crapaud, s'il te plait, lave les assiettes ! J'ai mal à la tête. Crapaud, s'il te plait, allume le feu ! J'ai mal aux yeux. Crapaud, s'il te plait, allume le fourneau ! J'ai mal au dos. Crapaud, s'il te plait, coupe le pain ! J'ai mal à la main. Crapaud, s'il te plait, dresse la table pour le dîner ! J'ai mal au nez. Viens manger, crapaud, la soupe est servie ! J'essaierai pour...
Published 04/08/19
Comment ça va sur la terre ?– Ça va, ça va, ça va bien. Les petits chiens sont-ils prospères ? – Mon dieu oui merci bien. Et les nuages ? – Ça flotte. Et les volcans ? – Ça mijote. Et les fleuves ? – Ça s'écoule. Et le temps ? – Ça se déroule. Et votre âme ? – Elle est malade le printemps était trop vert elle a mangé trop de salade.
Published 04/05/19
Une fourmi de dix-huit mètres Avec un chapeau sur la tête Ça n'existe pas ça n'existe pas Une fourmi traînant un char Plein de pingouins et de canards Ça n'existe pas ça n'existe pas Une fourmi  parlant français Parlant latin et javanais Ça n'existe pas ça n'existe pas Et pourquoi pas ?
Published 04/04/19
Dans le vieux parc solitaire et glacé Deux formes ont tout à l’heure passé. Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, Et l’on entend à peine leurs paroles. Dans le vieux parc solitaire et glacé Deux spectres ont évoqué le passé. — Te souvient-il de notre extase ancienne ? — Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ? — Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ? Toujours vois-tu mon âme en rêve ? — Non. — Ah ! les beaux jours de bonheur indicible Où nous joignions nos bouches ! —...
Published 04/03/19
- Dites donc, un poète, à quoi ça sert ? - Ca remplace les chiens par des licornes. - Dites donc, ça n'a pas d'autres talents ? - Il apporte le rêve à ceux qui n'ose pas rêver. - Vous trouvez ça utile, dites donc ? - Quand il veut, il persuade les comètes de s'arrêter chez vous. - Il trouble l'ordre, dites donc, ce type-là. - Pas plus qu'un vol de scarabées, pas plus qu'un peu de neige sur l'épaule. - Il est bon pour l'hospice, dites donc. - Il le transformerait en palais de cristal avec...
Published 04/02/19
Chers abonnés, pour profiter pleinement du podcast d’aujourd’hui, vous devez tenir votre écran à l’envers. (Retourné.) En effet, cette poésie est diffusée en podcast immersif MP5/DTX™️ (pas encore sorti pour le grand public, c’est en phase de test final depuis une semaine). Notez bien que cela nécessite également deux haut-parleurs stéréophoniques HiFi (ou tout simplement compatibles Surround/ΙχΘυσlogic·II+) ainsi que la toute dernière version de votre système d’exploitation (iOS, Android,...
Published 04/01/19
C’est un trou de verdure où chante une rivière, Accrochant follement aux herbes des haillons D’argent ; où le soleil, de la montagne fière, Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons. Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumière pleut. Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme : Nature, berce-le...
Published 03/29/19
Anne, par jeu, me jeta de la neige, Que je cuidais froide certainement ; Mais c'était feu; l'expérience en ai-je, Car embrasé je fus soudainement. Puisque le feu loge secrètement Dedans la neige, où trouverai-je place Pour n'ardre point ? Anne, ta seule grâce Éteindre peut le feu que je sens bien, Non point par eau, par neige, ni par la glace, Mais par sentir un feu pareil au mien.
Published 03/28/19
Plus ne suis ce que j'ai été, Et ne le saurais jamais être. Mon beau printemps et mon été Ont fait le saut par la fenêtre. Amour, tu as été mon maître, Je t'ai servi sur tous les Dieux. Ah si je pouvais deux fois naître, Comme je te servirais mieux !
Published 03/27/19
Mon père, cet anchois au sourire andalou, Suivi d'un nénuphar qu'il aimait entre tous Pour son faux-col vert-neige fait en pierre de taille, Parcourait en nageant la foire à la ferraille, Où se tenaient, pensifs, des melons accroupis... Soudain, son gros orteil crut percevoir des cris... C'était un hérisson voltigeant sur la route, Qui brûlait son chandail pour mieux casser la croûte, En criant : « Un chou-fleur pour cirer mes souliers!!!... Ou bien un bec de gaz pour me laver les pieds!!!......
Published 03/26/19